Psychologie: Hypnothérapie, un accès constructif à
l’inconscient
« Suivez
toujours le souffle de votre esprit intérieur. » – Olivier Lockert
Les
applications de l’hypnose sont multiples. Des chirurgiens, des anesthésistes,
des dentistes et des psychologues y ont recours. Dans son utilisation
thérapeutique, elle fait littéralement des merveilles!
Par Louise-Marie Bédard
Les
possibilités de l’inconscient sont très puissantes, voire illimitées. « Il
s’agit de les rendre accessibles, d’apprendre à les exploiter! », soutient
le Dr Claude Verreault, chirurgien-dentiste, membre de la Société
québécoise d’hypnose (SQH), qui pratique avec succès l’hypnose clinique depuis
plus de trente ans. « Cette
technique d’appoint, par laquelle on établit une communication
subtile et adaptée avec le cerveau, permet de mieux gérer l’anxiété, les phobies, la douleur,
le flot sanguin, etc. En fait, on fait appel à des mécanismes du cerveau qui ne demandent
qu’à être activés et mis à contribution. »
Par ailleurs, la compétence du spécialiste permet d’éviter certains
risques inhérents à la pratique de l'hypnose, et de réagir adéquatement dans des cas
particuliers.
Lise
Deslauriers, psychologue, secrétaire de la SQH,
insiste ainsi sur l’importance de la formation clinique. « Si un
traumatisme lié à l’enfance remonte à la surface, on a intérêt à être bien
outillé pour y faire face. En effet, supprimer un symptôme, par exemple fumer,
peu entraîner la réapparition de cette impulsion sous une autre forme. On ne
ferait alors que déplacer le problème. Mais quand le traumatisme initial se
règle, bien d’autres problèmes se résolvent aussi. »
Pour sa
part, le Dr Verreault souligne une autre possibilité de risque avec
une des grandes applications de l’hypnose : l’élimination de la douleur,
ce signal d’alarme que l’on ne saurait éteindre impunément, sans tenir compte
de la cause véritable de celle-ci. Mais si le diagnostic est clair, dans le cas
de douleurs chroniques par exemple, l’hypnose peut procurer un réel
soulagement. De plus, l’hypnose a une action prouvée sur le stress et ses
effets!
Hypnose au bloc opératoire
« Les
résultats de Marie-Élizabeth Faymonville, au CHU de Liège, qui a donné à plus
de 4 000 patients une hypnosédation au lieu d’une anesthésie générale lors
d’interventions en chirurgie, sont bien connus », fait valoir Lise
Deslauriers.
M. E.
Faymonville, L’hypnose en anesthésie
réanimation, de l’application clinique aux mécanismes cérébraux, thèse en
vue de l’obtention du grade d’agrégé de l’Enseignement supérieur, Université de
Liège, 2002
Betty Reis, psychothérapeute et hypnothérapeute, membre de l’Association des
hypnologues du Québec, et la Dre Martine Mia Girard, de la clinique
Mia Pour Toi, témoignent des expériences concluantes du Dr Carlos
Cordoba, chirurgien plasticien montréalais, ouvert à cette pratique. Ce
chirurgien précise en entrevue que des études publiées dans des revues
médicales spécialisées l’autorisent à répondre favorablement à la demande de
ses patients.
« Les avantages de l’hypnose, outre la détente, sont la diminution des
médicaments (sédatifs, analgésiques, anxiolytiques, etc.) et de leurs effets
secondaires, ainsi que des douleurs postopératoires, explique-t-il. La
récupération est également accélérée. Le succès de l’hypnosédation, une
modalité complémentaire, repose sur une coopération et une relation de
confiance entre le chirurgien, l’hypnothérapeute et le patient. »
Pour ce qui est de l’action de l’hypnose sur la douleur, outre l’augmentation de la production
d’endorphines, antalgiques naturels, d’autres voies neurologiques bloquent la
circulation de l’influx douloureux avant qu’il n’atteigne le cerveau, précise
le chirurgien. L’avancée principale en ce domaine est la découverte d’une
corrélation entre l’activité du cortex cingulaire antérieur et la modulation des
composantes affective et nociceptive de la douleur.
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