Santé: La
carbothérapie peut sauver votre vie
Par
Danièle Starenkyj
Connu
depuis l’Antiquité, redécouvert vers le milieu du XXe
siècle, indispensable dans le troisième millénaire, le charbon végétal activé
est l’adsorbant naturel clinique le plus puissant que l’on connaisse dans le
monde entier et le plus utilisé. Il est capable de fixer, de capter, de pomper,
de piéger les substances étrangères ou toxiques qui se trouvent dans l’air,
dans l’eau, dans nos aliments ou dans notre corps.
Composé exclusivement de matière végétale
devenue carbone presque pur, le charbon est une poudre très fine, sans odeur,
sans goût et sans aucune particule granuleuse. Son usage intelligent, basé sur
une connaissance précise de sa structure moléculaire et de la physiologie de notre
corps, a donné lieu à ce que j’ai appelé la carbothérapie.
La
carbothérapie, avant et après les antibiotiques
Dans l’Antiquité, Hippocrate et Pline recommandaient déjà chaudement le charbon végétal
dans le traitement de l’épilepsie, du vertige, de la chlorose (une forme
d’anémie) et de l’anthrax, une toxi-infection transmise à l’homme lors de
travaux de boucherie ou de tannage.
Au XVIIe
siècle, D. M. Kehls écrit
un mémoire dans lequel il conseille l’usage des cataplasmes de charbon en vue
d’éliminer les mauvaises odeurs d’ulcères gangréneux et de purifier l’haleine
lorsqu’il est employé comme rince-bouche. Il préconise aussi son usage par voie
orale dans le traitement de la fièvre putride et de tout état
« bileux ».
Le XIXe
siècle verra l’usage industriel du charbon prendre un grand essor : on
l’emploiera pour adsorber les gaz, décolorer de nombreux liquides, raffiner le
sucre, purifier l’eau, ventiler les égouts et fabriquer de très efficaces
masques à gaz. On découvre aussi son grand pouvoir en tant qu’antidote ou
contrepoison dans de nombreux empoisonnements au mercure, à la strychnine, à
l’opium, à la morphine, au nitrate d’argent et aux sels de plomb, entre autres…
En Amérique, l’intérêt pour le charbon se
concentre sur son efficacité pour soulager les troubles gastro-intestinaux et
prévenir activement le choléra, la variole, la typhoïde et toutes les fièvres
malignes.
Le début du XXe
ne connaît pas encore les antibiotiques. Il se tourne donc vers le charbon
végétal activé et cherche à exploiter son grand pouvoir anti-infectieux. De
nombreuses études ont alors établi qu’il adsorbe les staphylocoques, les
streptocoques, les méningocoques, les colibacilles, ces agents pathogènes
fréquents dans les infections contractées en milieu hospitalier, les nombreuses
toxines bactériennes dont Vibrio cholerae et aussi des virus. Les médecins français pensent
même à l’utiliser en injection intraveineuse comme médicament de choc dans les
maladies infectieuses dont la tuberculose, avec succès, jusqu’à ce que la
découverte des antibiotiques relègue aux oubliettes le
pouvoir anti-infectieux du charbon végétal activé.
À partir des années 70, on redécouvrira le
charbon, mais on insistera plutôt sur son grand pouvoir dans les désordres
gastro-intestinaux, les intoxications alimentaires, l’insuffisance rénale
chronique et aiguë, l’abaissement rapide et sans effet secondaire des taux
élevés de cholestérol sanguin, l’allergie au soleil, le vieillissement et les
empoisonnements.
Lisez la suite de cet
article en vous procurant le numéro 9 (mai 2007) du magazine Mieux-Être
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