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Psychologie: Vivre seul et l’apprécier

Par Cécile Gladel

Vous êtes célibataire? C’est le cas d’une femme sur quatre et d’un homme sur trois au Québec. La vie en solo est de plus en plus courante, particulièrement en ville. Dans des quartiers urbains montréalais tels que le Plateau et Rosemont, c’est un ménage sur deux qui est composé d’une personne seule. Si le statut n’est plus désapprouvé au grand jour, la personne célibataire reste encore marginalisée et vue comme anormale. Mais la vie de célibataire présente des avantages, que certains n’apprécient pas à leur juste valeur. Bien vivre une vie de célibataire est possible, il suffit de le vouloir!

Si de nombreux célibataires aspirent à modifier leur état civil, si le couple reste encore la norme à atteindre dans notre société, cela tend à changer. Tout comme la façon dont cette société voit les célibataires. Ce ne sont plus des atypiques. Le sociologue et auteur français Jean-Claude Kaufman appelait cela le doigt accusateur de la société.

L’auteure et psychothérapeute Odile Lamourère a donc constaté que la situation s’améliorait. « Car il y a de plus en plus de célibataires, et l’on vit mieux cette période de notre vie. Les célibataires ne sont pas un groupe à part; nous sommes tous des intermittents de l’amour », explique-t-elle, jointe en France par téléphone. « Aujourd’hui, il n’est pas rare de croiser des célibataires de tous les âges sans qu’ils soient étiquetés comme de vieilles filles ou de vieux garçons », souligne Andrée-Anne Laberge, rendue célèbre par son blogue, La célibataire urbaine. « La société s’organise également en considérant les célibataires comme un groupe à part entière : on leur destine des livres, des repas, des émissions de télé et toutes sortes d’activités à leur image. »

S’occuper de sa vie sociale

Dans son livre Célibataire aujourd’hui, Odile Lamourère donne de nombreux conseils pour ne pas souffrir de solitude et d’isolement, afin d’apprécier sa vie en solo. Évidemment, il est nécessaire de se prendre en main et ne pas attendre sagement assis à la maison que des miracles se produisent. Les miracles ont besoin d’être provoqués.

Cependant, Odile Lamourère insiste sur un point : « Le célibat n’est pas la solitude. » Pour apprécier sa vie en solo, il faut donc s’activer, s’intéresser à la vie, à un maximum de choses. « Il faut être dans le désir et le projet. Il ne faut pas attendre d’être en couple pour planifier. Il y a beaucoup de choses à faire, des rêves, etc. », souligne la psychothérapeute française. « Le plus grand avantage est certainement de ne pas avoir à faire de compromis. Le célibat offre une grande liberté personnelle. Autrement, le célibat n’est pas toujours si facile, puisqu’on se retrouve seul pour organiser sa vie sur tous les aspects », ajoute Andrée-Anne Laberge.

Premier conseil : on dresse une liste de tout ce que l’on voudrait faire. « C’est la formule du bonheur », insiste Odile Lamourère. On se met à la pratique d’un sport, on voyage, on suit des cours de photos, de langues, de scrapbooking, de musique. Les possibilités sont infinies. Il suffit de trouver celles qui nous plaisent. On sort, on ne déprime pas chez soi en pleurant sur son sort. « Je m’entoure de beaucoup d’amis, également célibataires, et j’essaie de m’occuper le plus possible, que ce soit par le travail ou les loisirs. Cela permet de me sentir moins seule et de rencontrer des gens vivant la même situation que moi », conseille Andrée-Anne Laberge.

Pour Steve Drouin, célibataire montréalais de 40 ans, pour être bien dans son célibat, il faut adopter une certaine philosophie de la vie. Ce ne sont pas des trucs qui nous feront sentir mieux. « On s’habitue au célibat. Il faut être bien avec soi-même et, surtout de mon côté, je préfère être seul pour les bonnes raisons qu’être en couple pour les mauvaises », affirme-t-il.

Lisez la suite de cet article en vous procurant le numéro 8 (avril 2007) du magazine Mieux-Être

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